3 In Trip

L’homme à tête de chou

 

Il y a 20 ans cette année nous quittait Serge Gainsbourg, l’occasion aujourd’hui de découvrir ou de redécouvrir un disque mal accueilli à l’époque en 1976.

Cet album est le 4ème concept-album de l’artiste après « L’histoire de Melody Nelson » en 1971, « Vu de l’extérieur » en 1973 et « Rock around the bunker » en 1975 qui ne rencontrèrent pas, eux non plus, le succès escompté.

C’est l’histoire d’un quadra qui tombe fou amoureux d’une shampouineuse (Marilou) à la vie plutôt débridée dirons nous… Après nous avoir décrit les différents sentiments amoureux du héros, il se terminera dans le sang avec le meurtre de la jolie coiffeuse puis la folie dans laquelle tombera l’amant jaloux.

Malgré quelques beaux succès en 45 tours comme « Marilou Reggae » ou « Marilou sous la neige », cet album-concept prend toute sa dimension en l’écoutant intégralement et ses 12 plages vous paraitront autant de chapitres du dernier best-seller de votre été.

Les sonorités pourtant datées de 35 ans sont restées très actuelles et l’on peut retrouver de grosses influences de nos jours comme chez le duo Versaillais de Air ou encore Beck, les trois lascars étant par ailleurs à l’origine de la nouvelle carrière musicale de Charlotte Gainsbourg, et la boucle est bouclées…

Les textes ne sont pas en reste non plus avec quelques perles comme seul Gainsbarre pouvait en écrire, « Aux aurores j’allais au café buraliste, Faire provision de fumigènes, Et je demandais au pompiste, Derrière le zinc le plein de kérosène » ou encore « Lorsqu’en un songe absurde Marilou se résorbe, Que son coma l’absorbe en pratiques obscures, Sa pupille est absente, et son iris absinthe, Sous ses gestes se teintent extases sous-jacentes »

Réédité en CD en 2001, vous pourrez encore trouver ce pur chef d’œuvre verbal et musical dans vos boutiques habituelles ainsi que sur les plateformes de téléchargement légal.

You Might Also Like

  • claiRe
    7 septembre 2011 at 14:48

    A voir, le ballet de Gallotta, sur le livret de l’homme à la tête de chou, réinterprété, pour l’occasion, par Alain BASHUNG. Une merveille. Un peu dérangeant puisque le chorégraphe n’hésite pas à dénuder les danseurs. Mais c’est, à mon sens, une très belle mise en scène de cet album.

    • lelou
      7 septembre 2011 at 20:48

      Bonsoir Claire, et qu’as-tu pensé du film sur la vie de Gainsbourg?
      Je l’ai trouvé pas mal, mais j’avoue avoir été gênée par la marionnette et le ventriloque qui le suivent, représentant des facettes de sa personnalité.

  • claiRe
    8 septembre 2011 at 11:29

    J’ai beaucoup aimé le film. Voire adoré. Je suis dingue des « ses femmes » (bah oui ça arrive), de l’univers sombre, du sexy pudique… Quant à ce que j’appelle « sa conscience », le principe m’a beaucoup plu (le passage à l’hôpital, lorsque celle-ci l’incite à re-fumer, je trouve ça tellement représentatif de ce que peut nous dicter la nôtre au quotidien)…