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« Intouchables » pourtant touchée…

Comme près de deux millions de personnes en France, les myrtilles sont allées voir « Intouchables ».

Une comédie fraîche et dynamique qui rassemble Omar Sy et François Cluzet. Deux acteurs auxquels on ne s’attendait pas dans un même film et pourtant ce duo fonctionne si bien! Cluzet n’a plus rien à prouver au cinéma français, il est d’une justesse étonnante dans un rôle pourtant pas évident. Quant à Omar, depuis la sortie du film, tous les projecteurs sont braqués sur lui, il est simplement fabuleux! Il est lumineux, drôle, et surtout touchant. Je l’ai découvert en tant qu’acteur dans le film « Tellement proche », une comédie toute en finesse et attachante, dans laquelle il est entouré d’acteurs confirmés tels que Vincent Elbaz ou Isabelle Carré.

Pour le pitch, pour ceux et celles qui seraient passés à côté, il s’agit d’un homme fortuné, joué par Cluzet, cloué dans un fauteuil suite à un accident de parapente. le verdict tombe: il est tétraplégique. Le jour où il recherche un auxiliaire de vie, c’est Omar alias Driss, un jeune homme dans le cliché du « banlieusard », qui se présente parmi d’autres à l’embauche, dans le seul but de faire signer son document Assedic (comme quoi il est bien venu mais qu’il ne correspond pas au poste) et ainsi pouvoir continuer à toucher son chômage. Manque de pot il est pris à son propre jeu, puisque Philippe (Cluzet) a compris son manège, a ri à ses vannes et décide de le prendre à l’essai… L’histoire et la rencontre entre deux personnages que tout opposerait, démarre ainsi. Driss devient ses bras, ses jambes et part son langage coloré, son goût de l’interdit, son franc parlé et son esprit de persuasion, se lie d’amitié avec un homme passionné d’art et de musique classique, qui n’ose parler aux femmes que par courrier et qui doit faire le deuil d’une vie passée, une vie de valide…

J’ai aimé ce film parce qu’il est vrai et qu’il n’est pas dans la plainte d’un handicap. Les deux hommes se regardent d’égal à égal, chacun avec ses galères sans se dire « ma situation est pire que la tienne ». C’est au regard qu’ils s’apprivoisent, par le verbe qu’ils apprennent à se connaître, pour enfin s’apprécier et se trouver des points communs. Philippe est vivant dans le regard de Driss, il n’est pas juste un fauteuil. C’est la personne qui l’intéresse pas son handicap.

Bizarrement depuis la sortie de ce film j’entends que les Politiques s’interrogent sur l’amélioration du quotidien pour les personnes en situation de handicap. Ha oui messieurs, « handicapé », n’est plus un mot que l’on balance sans réfléchir, si on rajoute « personne » devant c’est un progrès, et si on donne les termes exacts « personne en situation de handicap », alors on fait preuve d’intelligence! Effectivement c’est une personne… J’ai personnellement repris Mr Morandini sur Twitter à ce sujet…sans réponse bien sûr… Pas besoin d’avoir fait l’E.N.A pour être au courant, c’est juste une loi qui est passée il y a 10 ans pour…justement revaloriser la situation des personnes en situation de handicap…

Les mêmes questions se posent alors on fait quoi? On se regarde ou on change de regard? Ce film peut certainement nous y aider.

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  • prysme
    17 novembre 2011 at 09:40

    Commencons par la fin, j’ai aussi beaucoup aimé ce film j’en reparlerai plus loin, mais je partage aussi l’avis de Libération : Eric Toledano et Olivier Nakache, nous prennent dès le départ en otage en précisant par 2 fois que cette histoire est librement inspirée d’une histoire vraie. D’emblée on sait que c’est tragique, le duo fonctionne, mais a aucun moment, on ne précise vraiment la situation des deux personnages l’un très riche, l’autre en difficulté. Les personnages secondaires le sont vraiment, la famille de Driss, la situation financiere de Philippe (né riche, armateur grec, marchand d’arme, organisateur de soirée italienne ?) Je suis un peu resté sur ma faim, et j’ai été pris au jeu des réalisateurs quand a la fin il continue de légitimer le sujet en nous montrant les personnages réels de cette tranche de vie (fin de la prise d’otage, on se doit donc d’être ému puisque c’est une histoire vraie)

    Coté bon point, la mise en scène est efficace on ne s’ennuit pas, les dialogues sont justes, bien que le tout soit abreuvé de clichés (black de banlieue, bougeois en hotel particulier, famille et personnels coincés, la fille ado accroc a un justin bieber boboisé)
    On se laisse porter par le film grace aux acteurs, La musique omniprésente et colle parfaitement au montage.
    Et je ne parle là que de la musique originale du film remarquablement composée par Ludovico Einaudi (« This is England » de Shane Meadows & « April » de Moretti) et non de la confrontation Vivaldi/Mozart vs Earth Wind & Fire issue une fois de plus de cliché facile.
    Reste que j’ai aimé ce film, et le conseil malgrè mes quelques remarques.

    • Lelou
      17 novembre 2011 at 10:28

      Merci pour ces précisions. Les clichés m’ont dérangé aussi à un moment puis ils sont dépassés par l’histoire, finalement, comme tu le dis, c’est secondaire.