3 In Trip

Un quota pour diplômées

Source site de voyage Aurige

Les autorités iraniennes visent à réduire considérablement les postes pour les femmes, en effet le gouvernement iranien a prévu un nouveau quota de femmes fonctionnaires de seulement 10%. Déjà que 40% des iraniennes ayant un diplôme universitaire ne trouvent pas d’emploi, elles vont être de plus en plus nombreuses sans emploi. Sur les 3 703 postes d’enseignement à pouvoir pour l’année 2016, seulement 630 reviendront à des femmes et les 3 073 autres à des hommes. Cette discrimination touche d’autant plus la capitale de l’Iran, Téhéran puisque sur les 190 nouvelles recrues du ministère de l’Education, 6 seulement seront des femmes. Cette discrimination des femmes notamment dans l’enseignement est pour réduire les « comportements efféminés » et l’homosexualité chez les garçons. En effet, le responsable de l’Organisation de recherche et de planification du ministère de l’Enseignement a exprimé ses inquiétudes à l’agence semi-officielle Fars, à propos des soit-disant risques de comportements efféminés des garçons.
Cependant, bien que les postes d’enseignement sont encore occupés par des femmes à 70 voire 80%, le personnel encadrant lui n’est composé que d’un pour-cent de femmes, pourtant le gouvernement ne compte pas augmenter les quotas. Cela laisse penser aux femmes qui postulent à ces postes que le système iranien veut les exclure totalement du marché du travail. Les postes ne sont pas seulement soumis a des quotas dans l’enseignement mais aussi dans les organismes gouvernementaux, sur 2 700 postes, seulement 6 devaient revenir à des femmes.

ruben-iran
Cette discrimination choquante et non dissimulée provoque des réactions, notamment de la part de la vice-présidente de l’État, chargée des femmes et des affaires étrangères, Shahindokht Molaverdi, qui a critiqué lors d’une interview pour le quotidien Shahrvand, la politique mise en place par le président Hassan Rohani. Elle a déclaré « Je pense, que cet examen, qui laisse peu de chances aux femmes, va à l’encontre des politiques, plans, slogans et promesses du 11ème gouvernement ». Au cours, de cette interview elle a également annoncé, qu’elle était en pourparler avec le gouvernement pour revoir les quotas. Cependant, depuis sa déclaration rien n’a changé, une pétition fondée sur la discrimination de sexe a été signée par des centaines de milliers de militants des droits des femmes mais cela n’a pas fait davantage évoluer la situation. On parle ainsi d’un problème colossal dans l’emploi, ou plutôt le non-emploi des femmes iraniennes. En 2005, 3,9 millions d’iraniennes avaient un emploi contre 3,1 aujourd’hui, de plus les statistiques indiquent que les femmes sont deux fois plus nombreuses à être au chômage que les hommes, et que la moitié des chômeuses sont actuellement à la recherche d’un emploi.

iran-levee-voilejpg

Cet article témoigne de la discrimination grandissante et non dissimulée du gouvernement d’Iran. En effet, on ne parle pas de démocratie mais bien de république théocratique islamique depuis 1979 promulguée par l’ayatollah Khomeini. Le gouvernement répond à la loi coranique et à la théorie de la tutelle de la loi religieuse. Ainsi cette république vise à exclure les femmes de la vie de l’état en commençant par les exclure du marché du travail, puis en leur imposant le port du voile dans tous les lieux publics. Encore plus affolant, une femme conduisant avec un voile « mal mis » peut se voir retirer sa voiture, et est passible d’une amende de 260 dollars et même passer devant les tribunaux. De plus, les femmes sont considérées comme des mineures, elles ne sont pas libres de leurs faits et gestes, les joueuses de sport de haut niveau, ne peuvent quitter le pays pour une compétition, sans l’autorisation de leurs maris. Toutes les femmes doivent avoir l’accord de leur conjoint ou de leur père pour demander un passeport et quitter le territoire même pour un simple voyage.

Les iraniennes sont traitées comme des mineures à vie, elles n’ont quasiment aucun droit, et sont sous la responsabilité de leur mari ou de leur père. Le gouvernement cherche à les évincer année après année de la vie politique, économique en les excluant du marché du travail et en les soumettant à des lois drastiques et grotesques. Je crois que sans dire que je suis une féministe extrémiste je peux m’indigner, comme vous tous d’ailleurs, de ce qu’il se passe pas si loin de chez nous.

L’histoire de l’Iran est complexe, si vous êtes curieux et voulez en apprendre un peu plus sur la révolution iranienne, qui ne nous mentons à amener à cette aberration du XXIème siècle pour les femmes, regardez Persepolis.

You Might Also Like

  • Claire
    20 janvier 2016 at 08:33

    Merci pour cet article. Hélas la condition de la femme est maintes fois remise FN question, peu importe le pays.

  • Suzy
    21 janvier 2016 at 09:53

    Merci Myrtille pour cet article. On est parfois assommé par les médias et on ne voit pas forcément les causes les plus humaines et importantes.

    • Maguelonne
      22 janvier 2016 at 11:11

      Merci à toi Suzy et à très bientôt.