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Une après-midi au musée Fabre

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Comme Lelou vous le disait hier, aujourd’hui LCDM a quatre ans. Déjà!
Nous avons prévu pour son anniversaire de lui refaire une beauté. Des nouveautés arrivent… encore un peu de patience.
En attendant je vous laisse avec Emma qui fraîchement rentrée de vacances a reprit le chemin du bahut (ça se dit encore?) et nous propose une visite au musée Fabre. « L’âge d’or de la peinture à Naples » est à découvrir jusqu’au 11 octobre.

J’ai été studieuse cet été (pas trop non plus) je suis allée voir l’exposition du musée Fabre « L’âge d’or de la peinture à Naples, de Ribera à Giordano ». L’exposition raconte Naples au XVII ème siècle; une ville riche en expansion, capitale administrative de l’Italie rattachée au Royaume d’Espagne, dirigée par un vice-roi. Le flux migratoire de Naples se voit encouragé par l’inactivité des territoires du vice-royaume. On compte plus de 250 000 habitants dans la ville en 1606, puis plus de 300 000 en 1630 et enfin 500 000 en 1656. C’est donc une ville prospère comparable à Paris ou Londres, cependant la peste s’abat sur le ville en 1656, le population se voit décimée et en 1688 ils ne sont plus que 186 000 habitants. Naples, comme toutes les villes italiennes, accorde une place prépondérante à la religion et donc aux monastères, églises et couvents qui occupent les parcelles les plus importantes de la ville. Peu à peu les faubourgs se créent en dehors des remparts de la ville, c’est d’ailleurs la volonté du vice-roi Pedro de Tolède d’agrandir la ville vers l’Ouest. Peu à peu la ville s’agrandit pour devenir la Naples que l’on connait aujourd’hui.
Dans la première salle de l’exposition on retrouve des cartographies de Naples, de ses quartiers et ses faubourgs, de son ports ou des huiles de sa Place du marché.

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Dans la seconde salle, on retrouve des peintures aux influences de Caravage, qui a d’ailleurs lui-même séjourné à Naples de 1606 à 1607 et de 1609 à 1610. Ainsi il va impressionner et inspirer les Napolitains et renforcer leur style maniériste, accentuer le dramatisme des peintures et leur faire découvrir le clair-obscur. Les premiers à reprendre cette technique seront Bartistello Caracciolo et Carlo Sellitto, ils reprendront également son naturalisme tragique dans les peintures religieuses. Si le caravagisme reste le style pictural du XVII ème siècle à Naples, et partout ailleurs, des peintres tels que Louis Finson vont pratiquer un caravagisme qualifiable de caricatural ou Jusepe de Ribera chez qui l’on retrouve des visages plus populaires, un rendu des matières impressionnant par son réalisme et un naturalisme accru des corps.

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Saint Pierre, Jusepe de Ribera

Ce peintre espagnol va devenir l’artiste majeur de l’école de peinture napolitaine, le style naturaliste qu’on lui a connu jusqu’alors va évoluer vers des compositions bien plus complexes, avec de nombreux plans, des jeux d’ombre et de lumière, sa peinture sera dite novatrice au niveau chromatique et sculptural grâce aux tons de couleurs qu’il utilise et les corps qu’il peint avec une précision hors du commun. On lui connait également des sujets bien plus profonds comme sa série de philosophes grecs que l’on peut retrouver au musée Fabre.
Si jusqu’en 1630 les couleurs restent peu nombreuses et très sombres, à partir de 1620 l’influence de Caravage s’amoindrit et les tons s’éclaircissent, la couleur fait son entrée dans la peinture napolitaine, ainsi on parle de mouvement coloriste qui annonce lui-même le baroque. Bien que ce courant pictural soit déjà présent depuis quelques décennies partout ailleurs en Italie, Naples reste fortement influencé par le classicisme et le naturalisme, il faudra alors attendre la fin du XVII ème siècle pour avoir un aperçu du baroque napolitain avec Mattia Preti ou Luca Giordanno.

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Mattia Preti

Pour conclure, cette exposition, comme beaucoup par ailleurs, nécessite une visite guidée ou la présence d’un aficionado d’art napolitain du XVII ème siècle, sans quoi elle peut vite devenir barbante. Les tableaux sont pour la grande majorité à caractère religieux, les teintes restent blafardes, obscures, ce sont des peintures très pieuses, dramatiques. Pour ma part, j’étais loin de l’extase à la vue de ces tableaux, cependant l’exposition reste enrichissante, je la conseille à tous les amoureux d’art ou d’Italie.

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