1 In Trip

Parlons cinéma: Lost River

Un dimanche pluvieux je suis allée voir Lost River, le premier film de Ryan Gosling en tant que réalisateur. Je ne vais pas m’improviser critique cinéma, mais ce film est pour le moins perturbant.

Le casting est composé d’acteurs presque inconnus à l’exception d’Eva Mendes, on retrouve Saoirse Ronan, Christina Hendricks, Matt Smith et Ben Mendelsohn.
Ils habitent une ville des États-Unis quasiment dépeuplée, où un type plutôt effrayant qui répond au nom de Bully (Bully en anglais c’est une brute, un petit tyran qui persécute et intimide les plus faibles, il faut donc voir un lien entre le caractère du garçon et son prénom) gère pour ainsi dire la ville avec son sbire à qui il coupera la bouche d’ailleurs. Ils se promènent dans un long cabriolé blanc sur lequel est placé un fauteuil de salon en cuir marron. Donc, ce mec, vit dans un ancien zoo désaffecté où la végétation est opulente et il veut empêcher Bones, un garçon de 18-20 ans qui vit seul avec sa mère et son frère Frankie qui doit avoir dans les six ans, de ramasser du cuivre dans les ruines de la ville. Seulement Bones et sa mère ont besoin de l’argent qui provient de la revente du cuivre pour garder la maison de leur grand-mère. La mère, Billy sera alors contrainte d’accepter un métier d’actrice, performeuse, on ne sait pas trop quoi, dans un cabaret pour le moins étrange où des femmes s’infligent des châtiments corporels comme se découper le visage au scalpel ou se faire lancer des couteaux dessus pour le plaisir des spectateurs. Cependant, les tours sont factices, truqués, ou peut-être sont elles immortelles, je ne sais comment donner une explication plausible. Ensuite, la copine de Bones, qui est aussi sa voisine, qui vit avec sa grand-mère folle qui ne parle plus depuis la mort de son mari et qui regarde la vidéo de son mariage en boucle, va lui expliquer qu’il y a un lac semi-magique qui briserait la malédiction. (Maintenant y’a une malédiction…) Du coup, en pleine nuit Bones y va, plonge, scie la tête d’un dinosaure, (pourquoi?) la ramène sur la terre ferme et par un heureux concours de circonstances tue Bully.

maxresdefault

En gros ce film c’est un peu comme si Ryan Gosling avait parié avec ses potes qu’il pourrait faire un film en mettant des éléments qui n’ont rien à faire les uns avec les autres et qu’il pourrait avoir une récompense à Cannes. Un mélange de fantastique, et de destin tragique, on dirait un film indépendant mais il y a un gros budget derrière, rien ne colle… Parce que clairement des films comme ça, un peu fantastiques, hautement esthétiques, glauques sur l’Amérique y’a plein de réalisateurs qui en ont fait je pense notamment à Gummo d’Harmont Korine ou aux films de Larry Clark. Alors oui il y a des références, une actrice géniale je parle d’Eva Mendes, mais trop de hype tue le hype, Ryan Gosling est allé un peu loin avec ce film sans réel fil conducteur. Sans mauvais jeu de mots, il n’y a pas que les rivières qui sont perdues… Le film est sensé parler du « rêve américain réduit en miettes, de l’assujettissement à la barbarie humaine, des passions violentes » ouais, on n’y croit pas trop. Ça n’est ni onirique, ni poétique, c’est simplement un élan de zèle, un film bancal et prétentieux mais très très beau, visuellement parlant.

LostRiver4En définitive c’est un film esthétiquement très intéressant car les couleurs et les plans sont très beaux, des couchers de soleil, des maisons en feu, du sang. Cependant l’histoire ne tient pas la route, le mélange d’un style fantastique et d’un film indépendant ne font pas bon ménage mais Lost River aura tout de même permis à Ryan Gosling de recevoir la mention « un certain regard ».

You Might Also Like

  • Fabienne Huillet
    22 mai 2015 at 14:16

    Merci pour toutes ces infos, voici une bonne lecture. J’ai appris différentes choses en vous lisant, merci à vous. Fabienne Huillet http://www.neonmag.fr