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Exposition: La vie en Kodak

Le Pavillon Populaire de Montpellier reçoit une rétrospective des publicités de la marque Kodak de 1950 à 1969. Bien que les photos n’aient pas une réelle valeur ni portée artistique, ces Colorama témoignent de toute une époque: l’Amérique d’après-guerre, blanche, riche, jeune et sportive. Voilà ce qu’était l’Amérique pendant les Trente Glorieuses. Cependant on peut penser que la société de consommation a permis d’occulter bien des choses comme la Guerre Froide, la Ségrégation, l’assassinat de Kennedy ou encore la Guerre du Viêt Nam.

11203126_928007873918785_3812756674696036529_nCar oui, acheter, dépenser de l’argent que l’on n’a pas encore ça fait penser à autre chose, c’est ainsi qu’est née la société de consommation grâce ou à cause des premières publicités et avec la création de firmes internationales telles que Coca-Cola ou Ford. En effet, si je choisis de nommer Coca-Cola, c’est pour me permettre un parallèle entre les Colorama de 18 mètres de long par 5 de large de Kodak et les publicités de la marque de soda.

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news_31369_0Bien des gens ignorent que la firme Coca à ses débuts, ciblait essentiellement une clientèle blanche, aisée, un brin rurale, la représentation de l’américain parfait des années 50. Au contraire, Pepsi était le soda au rabais, celui des pauvres et des noirs. Donc en bon ségrégationniste Kodak attendra l’année 1969 pour faire apparaître des personnes de couleur sur ses publicités. Avant cela on assiste à des scènes bon enfant et gentillettes au ski, à la plage, à Noël, dans un champ ou encore à table. Kodak ne vendait pas seulement un appareil photo ou des pellicules mais un mode de vie, « the american way of life » que l’on retrouve également dans les dessins publicitaires de Norman Rockwell.

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 Et il faut dire que l’entreprise avait un spot publicitaire assez stratégique: le hall de la gare de Grand Central à New York où environ 500 000 personnes passaient chaque jour. Kodak ne lésine pas sur les moyens et va jusqu’à employer les photographes Eliot Porter ou Ansel Adams, des équipes de dix-huit techniciens et des journées entière de travail pour produire un seul Colorama. En plus des 58 Colorama de la marque, on retrouve des objectifs et des appareils de collection, des pellicules, des négatifs, quelques planches de photos et un film documentaire assez court qui traite de l’Amérique dans les années 50-60: la société de consommation, l’american way of life qui se voit véhiculer dans le monde entier par la publicité.

11205018_928007877252118_5801396778236428879_nJe vous conseille cette exposition qui n’est pas très longue et enrichissante, la plupart des Colorama sont clichés et loufoques: un bon moment.

Pavillon du Musée Fabre, Esplanade. Jusqu’au 17 mai.

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