In Trip

De Caicedo aux Stones

Comme certain le savent déjà, les Rolling Stones refont une tournée estivale qui passera par les États-Unis, le Japon ou encore l’Australie mais aussi l’Europe avec notamment la France le 13 juin prochain à Paris au Stade de France.

Je n’ai pas connu les débuts des Stones, leurs concerts gratuit à Hyde Park, ou encore Brian Jones vivant, mais ce n’est pas pour cela que je ne suis pas fan. Vous ne pouvez pas savoir quelle a été ma déception lorsque j’ai réalisé que le concert tombait en plein sur mon voyage en Angleterre. En dépit d’assister à un de leurs concerts, j’ai décidé de vous reparler de ce groupe mythique.

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Le groupe a été créé en 1962 à Londres par Brian Jones qui est le guitariste et leader du groupe, on retrouve ensuite Ian Stewart au piano, Mick Jagger au chant et Keith Richards à la guitare.
Brian Jones a choisi comme nom pour le groupe Rolling Stones d’après la chanson du même nom de Muddy Waters. Du blues, du blues et encore du blues, voilà pourquoi on aime les Stones, avec du rock et parfois une pointe de psyché. Ils deviennent mondialement connus en 1965 avec le titre (I Can’t Get No)Satisfaction. Je ne vais pas m’étendre sur une biographie des Stones de leur création à aujourd’hui, je vais seulement clarifier la situation pour les quelques incultes qui se demandent, oui Brian Jones est bien mort et je pense comme beaucoup que le groupe n’est plus le même sans lui, Ian Stewart est également décédé, et actuellement le groupe est composé de Jagger, Richards, Watts et Wood.

Dernièrement j’ai achevé la lecture de Que viva la musica! livre publié en 1977 et écrit par André Caicedo. L’auteur est né à Cali, en Colombie en 1951, Caicedo est considéré comme un auteur prolifique avec de nombreux articles, des critiques de cinéma ou de théâtre, et un grand nombre de nouvelles publiées après son suicide. Oui, parce que qui dit génie, dit être incompris, torturé, perturbé, Caicedo était persuadé que l’on se devait de finir sa vie à 25 ans, il décide donc de mettre fin à ses jours en 1976 mais n’y parvient pas, sans quoi il ne nous aurait pas laissé le chef d’oeuvre Que viva la musica! que j’ai décidé de vous présenter aujourd’hui pour une raison bien précise. Il se suicide avec des somnifères le jour même où il a reçu le manuscrit publié, mise en scène tragique? qui sait..
Vous devez vous demander pourquoi je passe des Rolling Stones à Caicedo, j’ai décidé de vous parler de ce « chef d’oeuvre de la littérature colombienne » pour la simple raison que ce roman tourne autour de la musique, c’est entre autre une ode sensuelle à la musique, c’est aussi la descente aux enfers de Maria, héroïne du roman, qui peu à peu découvre le milieu de la nuit, des salsas, de la musique mais aussi de la drogue. Apologue du choisir sa mort, l’autodestruction prime sur le reste pour Caicedo, il nous le prouve avec la phrase « Va au-devant de la mort, fixe lui rendez-vous. Personne n’aime les enfants vieillis. » Vers le milieu du roman Caicedo au travers d’un de ses personnages auquel on l’a souvent identifié, Ricardito le Misérable, s’exprime à propos des Rolling Stones (j’y arrive petit à petit!).
« Qu’on ne vienne pas me dire que Brian Jones est mort d’irresponsabilité ou de flemme, pas même de chagrin d’amour. Les choses ne sont pas si simples : il est mort de désenchantement.  »
Au cours du passage qui suit cette citation, on assiste à un débriefing assez complet et cru mais tellement réaliste du groupe, l’éternel exhibitionnisme de Jagger, les addictions de Richards, puis comment il lui a piqué sa copine, Anita Pallenberg, ou comment Jones a essayé de les rassembler à nouveau, de rattraper les conneries des uns et des autres, puis la manière dont Jagger lui a proposé de quitter le groupe, et enfin sa mort, cinq jours après avoir quitté le groupe, noyé au fond de sa piscine.

Nous sommes beaucoup à penser que le groupe n’est plus le même depuis la mort de Brian Jones, comment égaler Honky Tonky Women, Jumpin Jack Flash, She’s a rainbow ou encore Paint It Black? Alors, je l’admets, ensuite il y a eu Angie, Miss You ou encore Brown Sugar. Mais franchement, pensez vous réellement que les Rolling Stones auraient été les Rolling Stones sans Ruby Tuesday, et tous les morceaux géniaux de Brian Jones?  Puis il faut quand même dire qu’il a l’origine de tout..
Une dernière chose, je reste persuadée que la soit disant apogée du groupe n’est pas due à Mick Taylor, et sa virtuosité certaine, mais à la conjecture de l’époque. Je m’explique, les Beatles se séparent en 1969, laissant la place de meilleur groupe du monde libre, leur départ sur la Cote d’Azur donne un nouveau souffle au groupe, Warhol crée la pochette de l’album Sticky Fingers, puis la drogue aidant ils produisent Brown Sugar, Dead Flowers, et le mythique Angie, donc arrêtons de clamer sur tous les toits de Taylor a permis l’apogée des Stones. Je ne fais la gloire de Jones, enfin si peut être un peu, mais il faut bien trouver quelque chose à reprocher à ces demis dieux.
Je vous conseille vivement Que viva la musica! de Caicedo traduit par Bernard Cohen, ainsi que de réécouter du vrai blues, genre Get Off Of My Cloud.

http://youtu.be/-XBcsunPIL8

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