In Mood

Take a walk on the wild side…

Après un weekend improductif à dormir, bronzer et écouter du Christophe Maé (comprendra qui pourra), j’ai décidé de revenir à quelques basiques qui éloigneront à jamais les sons ô combien mélodieux et profonds de Christophe.

Je vais vous parler de Lou Reed et d’une chanson que j’adore, Walk On The Wild Side. Je n’ai pas vécu dans les années 60-70, je n’ai pas connu Andy Warhol ni la Factory mais si l’Amérique de cette époque-là devait avoir un hymne ce serait sûrement Walk On The Wild Side. Ce n’est un secret pour personne que le Velvet était souvent sur la scène de la Factory, mais de là à faire une chanson sur les penchants sexuels de ses habitués, fallait oser. Même temps, c’était Lou Reed…

Andy Warhol with Velvet Underground and Nico

Andy Warhol et le Velvet and Nico

Alors oui comme ça, elle a des allures romantiques, enivrantes, c’est beau mais à y regarder de plus près les paroles sont un peu plus trash qu’elles n’y paraissent. D’ailleurs, elle a échappé à la censure de la BBC car ils n’avaient pas saisi le sens caché de la chanson, parce qu’à la première écoute on ne devine pas qu’il nous parle des trans de New York. The wild side, on comprend vite ce que c’est, pas besoin d’un dessin. « She never lots her head even when she was living head », toujours pas besoin d’un dessin. Par ailleurs, certaines traductions françaises se permettent de dire ce que Lou Reed n’a pas dit, en laissant de côté tout implicite, ce que je trouve dommage.

Andy Warhol and Lou Reed 1976

Andy Warhol et Lou Reed

Dans cette chanson Lou Reed balance plusieurs noms de la scène New-yorkaise, tous des habitués de la Factory: Holly Woodlaw, une actrice transgenre qui a joué dans deux films de Warhol Trash en 1970 et Women in Revolt en 1972, c’est d’elle dont Lou Reed parle en premier en disant « Holly came front Miami FLA/ Hitch-hiked her way accros the USA/ Plucked her eyebrows on the way/ Shaved her legs and then he was a she ». Il me semble que la chanson commence à prendre tout son sens avec cette phrase qui évoque les transsexuels, une allusion qui échappa à la BBC. Ensuite il évoque Candy Darling, une actrice américaine transsexuelle qui jouait également dans Women in Revolt aux côtés de Holly Woodlaw ou dans Flesh de Paul Morrisey. « Little Joe never once gave it away/ Everybody had to pay and pay » ici, il évoque Joe Dallesandro, un acteur américain découvert par Warhol qui tourna notamment avec Gainsbourg, et joua pour Coppola, Waters ou Soderbergh. Sugar Plum Fairy n’est autre que Joe Campbell qui trainait lui aussi à la Factory. Jackie Curtis, elle aussi est une actrice américaine transgenre et une poétesse. Toutes les personnalités citées au long de la chanson ont été connues pour leur sexualité jugée débridée et hors norme dans les années 70, j’imagine que la comparaison entre Jackie Curtis et James Dean n’est pas innocente. En effet, la sexualité de l’acteur a longtemps été controversée hétérosexuel, homosexuel, bisexuel, les biographies de l’époque clament la bisexualité qui était un peu mieux acceptée que l’homosexualité à l’époque.

The Factory

Hormis les paroles, la chanson est rendue exceptionnelle grâce à la contre-basse d’Herbue Flowers (membre de Blue Mink, T-rex, Sky)qui rythme toute la chanson, aux choeurs féminins de The Thunder Thighs et la partie saxophone de Ronnie Ross, sans oublier la guitare folk très douce de Lou Reed.
Je n’irai pas jusqu’à dire que ce morceau est le rock’n’roll mais, c’est une grande chanson de rock, plus qu’un classique, une marque de culture et de bon goût.

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