In Mood

Charlie

Dimanche à Montpellier, comme dans le reste de la France, nous sommes descendus dans les rues avec des badges, des crayons, des dessins, des pancartes ou seulement avec la volonté de s’unir. De s’unir au nom de la solidarité bien sûr, mais aussi au nom de la liberté.
Cette liberté pour laquelle nos ancêtres se sont battus en 1789; liberté d’opinion, d’expression et de presse, liberté de conscience ou bien de pensée. La liberté en effet, de dire, de penser et d’écrire, ici de dessiner ce qui nous parait juste. Ainsi, notre système politique, à savoir une république démocratique, repose sur ces principes, ces valeurs même, et ce depuis 1789. Alors, je me suis demandé pourquoi, pourquoi et comment des gens, français de surcroit, appartenant donc à ce régime, à ces valeurs, avaient pu massacrer leurs frères. Car oui, la devise de notre pays, n’est-elle pas Liberté, Égalité, Fraternité?

J’ai mis un moment à réaliser ce qu’il se passait en France, le pays des droits de l’Homme. 17 personnes tuées pour avoir exprimé leurs idées, on les a fait taire à coup de AK45. Des crayons contre des fusils à pompes, ça c’est de l’égalité, de la liberté et de la fraternité. Ça c’était un acte dont Dieu sera fier. Mais le problème c’est que l’enfer et le paradis, c’est sur terre et pas ailleurs. On ne peut pas tuer des gens au nom de dieu, on ne peut pas non plus ne pas avoir le courage de nos opinions en les camouflant sous un dieu ou un prophète. Car ceci n’est pas la religion. Et ici, je ne blâme pas plus une religion qu’une autre car toutes ont commis des massacres sanguinolents au nom de la purification des âmes.

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Je ne suis pas fan des dessins de Charlie Hebdo, en réalité. Je n’ai pas grandi avec les illustrations de Charb, Cabu ou Wolinski. À vrai dire, Charlie Hebdo je n’avais jamais acheté, jamais lu. De surcroît, je ne crois pas qu’il soit nécessaire de mettre un prophète à poil pour exprimer son désaccord avec une religion, mais je respecte l’ironie et la satire dont ils savaient faire preuve. Au delà de tout cela, comme je l’ai dit précédemment, je me suis rappelé que nous répondions à la même devise que j’ai cité plus haut mais aussi à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, et que du coup s’ils avaient envie de mettre un prophète ou un dieu à poil ça les regardait. Je me suis aussi dit que personne n’avait un droit de jugement ni même de regard dessus car la presse est libre comme le sont les consciences.

Et je ne sais pas s’il y a des raisons valables de tuer des gens, surtout pour des dessins, mais l’Homme a toujours eu besoin de dessiner, d’écrire, de laisser sa trace en d’autres mots. Alors ce ne sont pas des cas isolés qui empêcheront les journalistes, les écrivains, les artistes de s’exprimer, de dire ce qui leur parait juste.

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Je voudrai devenir journaliste, écrire au nom d’une cause, la vérité, et de plus en plus je trouve que c’est un métier qui perd de ses valeurs, mais le mercredi 08 janvier 2015, j’ai réalisé que des hommes et des femmes étaient morts pour avoir eu le courage de leurs opinions, pour avoir, jusqu’au bout, écrit et dessiné ce qui était leur vérité. Au nom de la satire, du comique, de la vérité, peu importe maintenant au nom de quoi. Ce qu’il faudra retenir de cette semaine funeste ce n’est non pas la prétendue mort de la liberté d’expression, ou encore le 11 septembre français, mais la solidarité française, et mondiale face à l’extrémisme et au terrorisme. Mais après tout, ce n’est qu’une question de point de vue.

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