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Journal d’une TDAH #4

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Je ne voudrai pas que vous pensiez qu’être TDAH, c’est la plaie. Je ne perçois pas mon trouble comme ça. C’est sûr que, pour en avoir le cœur net, il faudrait demander à mon entourage. Personnellement, je suis persuadée qu’être en couple avec une personne atteinte de ce trouble peut s’avérer assez fun. Si, si demandez aux gens qui me connaissent, souvent en ma compagnie, ils rient : de moi ou avec moi.
Dans le premier cas, rire de soi est très libérateur car je ris avec eux. Dans le second, faire rire est un cadeau.
Si vivre avec moi ne s’est pas toujours avéré facile, souvent à cause de ma difficulté à gérer mes émotions, qui peut engendrer des petites colères m’ayant valu parfois, d’être sympathiquement comparé à un dragon. À chacun son animal totem. Une chose est certaine, aucun de mes colloc’ ne s’est plaint d’ennui. On dira que s’est déjà pas mal.

7 Bonnes raisons de vivre avec un(e) TDAH (liste non-exhaustive)

  • On est complètement imprévisible, y compris pour soi-même. Longtemps, j’ai été très timide, mal à l’aise au regard de l’autre. Et bien, je n’ai rien trouvé de mieux que de faire du théâtre. La première fois que je suis montée sur scène, j’ai cru mourir littéralement. Une voix hurlait en moi : « comment t’as pu te mettre dans un pétrin pareil », pourtant, je l’ai fait. Une fois engagée, plus le choix, il a fallu y aller. J’ai eu de chouettes moments et parfois ça me manque. Clairement, les TDAH vivent dans l’instant présent, formule tout haut ce qu’ils devraient penser tout bas. Parfois c’est embarrassant, souvent, c’est amusant. On est nombreux a aimer sortir de notre zone de confort et à embarquer les autres avec nous.
  • On est créatif dans l’âme, on a environ une idée à la minute. On commence beaucoup de choses, qu’on finira par finir, on a juste besoin d’un délai. En général, que ce soit pour imaginer un atelier pour enfants, improviser une activité ou gérer un changement de dernière minute, on s’adapte. À noter, ce coté créatif peut engendrer, chez certains d’entre nous, une tendance à l’accumulation. Vous êtes prévenus.
  • On est étourdie. À la cuisine, on oublie la casserole de lait, on a envie d’aller dans tel restaurant, mais s’est en arrivant devant qu’on se souvient qu’il est fermé le lundi. La bonne nouvelle, c’est que ça laisse place à la spontanéité et à la démonstration de la patience de l’autre.
  • On s’intéresse à beaucoup de choses, on travaille souvent sur différents projets, on assimile rapidement. Trop peut-être car on peut se perdre facilement. Notre meilleur outil c’est la To Do List, oui car notre organisation ou anticipation peut laisser à désirer (voir les deux aie!). Du coup, on a une belle capacité à l’improvisation.
  • On ne s’ennuie pas, on n’a pas le temps, on bouge sans arrêt. C’est à la fois dynamisant pour soi et pour l’autre, mais c’est extrêmement fatigant pour tout le monde. En prendre conscience, c’est arriver à s’instaurer des moments de pause, pour soi, avec l’autre, en famille.
  • On a toujours un plan B. Oui le temps que les autres passent à râler et se lamenter sur ce qui n’aura pas lieu, nous, on le passe à trouver un plan B. Attention, il est  souvent plus périlleux beaucoup mieux que le plan A sinon ce n’est pas drôle.
  • Comme on gère plus ou moins bien nos émotions, on est très lisible. Les autres voient immédiatement si quelque chose nous plaît…Ou pas. L’aspect positif c’est qu’on ne ment pas, trop compliqué. Le côté négatif, c’est qu’il ne faut pas être susceptible. Je souligne qu’à l’âge adulte, nous le sommes rarement -susceptible-. Enfant on devait l’être c’est certain, mais à force de nous répéter qu’on est différent, qu’on ne fonctionne pas comme tout le monde, on a oublié ce trait de personnalité, ce qui nous permet de prendre le parti d’en rire. On a un certain degré de lâcher prise très libérateur.

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Être TDAH n’est pas une tare au contraire, ce trouble a certains aspects positifs. On est d’une grande adaptabilité, on peut faire plusieurs choses à la fois, nous sommes créatifs. Lorsque certaines personnes prennent conscience que la médecine a posé un nom sur leur fonctionnement, elles peuvent prendre peur et se dire qu’on va les faire changer, qu’elles vont perdre quelque chose ou devoir renoncer à des traits de leur caractère.
En fait pas du tout, on perd rien, tout est là et on le garde. Le diagnostic donne l’opportunité de s’octroyer le choix d’augmenter notre adaptabilité. En prenant l’entière conscience de notre façon de fonctionner. Si le fonctionnement nous convient, on le garde, sinon on peut apprendre à le moduler. Finalement, on devient encore plus libre. Enfin, il nous permet aussi de formuler ce qu’on ressent avec des mots justes pour soi et pour l’autre. Par exemple, comme nous sommes multitâches avec plus ou moins de succès, les autres ont tendance à penser que l’on manque d’intérêt pour eux, car on est capable de faire autre chose en leur présence. En fait, cette façon d’agir n’est ni de l’ennui, ni un manque d’intérêt, c’est juste que l’on peut le faire et qu’on doit apprendre à le dire.

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