In Voyages

Lu en octobre #1

Mes deux semaines de vacances n’ont pas été d’une productivité à toute épreuve mais elles m’ont permis de lire quatre livres qu’il fallait que je lise, oui c’était une nécessité. Tout d’abord Madame Bovary, puis Go Set a Watchman d’Harper Lee, le dernier Joël Dicker Le Livre des Baltimore et enfin La chambre des Officiers de Marc Dugain.

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Je vais commencer par le plus classique, Madame Bovary, on ne présente même plus son auteur; Gustave Flaubert, auteur réaliste, donc du XIXème siècle, qui a marqué de sa psychologie et de ses analyses sociales la société française. Madame Bovary est fondamentalement l’un des quatre piliers de son oeuvre. Après cinq ans de travail sur l’oeuvre, il publie Madame Bovary en 1856, mais non pas sous la forme d’un roman mais d’un feuilleton dans la Revue de Paris d’Octobre à Décembre 56. Madame Bovary c’est plus qu’un mythe urbain, tout le monde en parle, mais peu l’ont lu, un peu comme Proust… Charles Bovary subit toute sa vie sa mère et son père, les cajoleries de l’un et la rudesse de l’autre, ensuite il subira sa première femme, puis Emma. C’est un homme profondément naïf, et amoureux, il aime sa femme comme s’il n’avait jamais été blessé, d’un amour pur et sans failles, qu’elle ne sait pas lui rendre. Elle n’aspire pas à son amour, ni à la petite vie qu’il lui offre, cependant ses rêves de grandeur l’entrainent à sa perte. Entre ses rêves de châteaux, de grande vie, d’opéra, de jeunesse et de beauté éternelles, les prêtes qu’elle renouvelle sans cesse, elle se retrouve prise à la gorge par ses créanciers, abandonné par ses deux amants successivement, et comme sa vileté le laissait présager elle se suicide en ingurgitant de l’arsenic, laissant derrière elle un mari aimant et une petite fille. Si Madame Bovary est un personnage détestable elle en est d’autant plus humaine, proche de nous. Ce drame, c’est celui de toutes les femmes qui ont une imagination trop grande ou des rêves pas vraiment ajustés à leurs moyens. C’est l’histoire d’une femme qui n’est jamais comblée, qui espère le bonheur de ce qu’elle ne peut pas avoir, d’une égoïste, d’une femme qui aime mal, qui souffre et qui ne trouve de rédemption que dans la mort. Certains diront que Madame Bovary c’est barbant, qu’il ne se passe rien, que c’est une femme qui s’ennuie, mais il me semble au contraire que ce livre est d’un réalisme troublant, que chacun d’entre nous peut se retrouver en Madame Bovary, car un jour où l’autre nos rêves nous terrassent.

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Go Set a Watchman, ou Va et pose une sentinelle en Français a été publié en Juillet aux USA et en Octobre en France, après une traduction de Pierre Demarty. J’ai lu la version originale, que j’ai depuis cet été, et je me suis enfin décidé à la lire. Harper Lee nous propose la suite de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur paru en 1960. Cinquante ans après une suite laissé de côté refait surfasse, selon certaines rumeurs Harper Lee aurait écrit ce roman dans les années 50 et ne l’aurait fignolé qu’à l’automne dernier. Pour ceux qui ont lu Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, voilà la suite, vingt ans après Maycomb semble ne pas avoir pris une ride, toujours raciste, conservatrice et adapte du « Separate but equal » (« Séparés mais égaux », en français). Jean Louise revient à Maycomb pour quinze jours, pour retrouver sa famille, comme elle le fait plusieurs fois par an. Cependant, cette fois-ci les choses se passeront différemment, elle fait une découverte qui va remettre en compte sa relation avec son père et ses (faux) projets d’engagements avec Henry. Je ne vous en dit pas plus, je ne vais pas vous gâcher le plaisir de la lecture, surtout que le livre est à peine publié en France, ça ne serait pas cool.

Je n’ai pas vraiment accrocher avec le livre entre les termes semi archaïques et tout le vocabulaire du Sud américain, le manque aberrant d’histoire; le roman est presque à moitié composé de flash backs, l’intrigue est quasi inexistante, dès le moment de cette fameuse découverte, on sait qu’elle sera l’explication donnée. C’est un roman que j’ai lu assez vite, mais qui ne m’a tellement plu, alors je ne sais pas si cela réside dans le fait que je l’ai lu en anglais ce qui m’a forcement amené à parfois rechercher des mots ou des expressions encore une fois propre au Dixie Land… Ou si c’est seulement à cause du manque de réel contenu et d’intrigue.

Le petit plus qui m’a conquise avant même d’avoir ouvert le livre ça a été l’édition; la première, avec des pages découpées inégalement, comme aux ciseaux, une couvertures toute noire, avec le nom de l’auteur en lettres d’argent sur la première de couverture. Dommage que le contenu ne soit pas à la hauteur du contenant.

Je reviens la semaine prochaine avec mes deux autres romans; Le Livre des Baltimore et La chambre des Officiers.

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